
Comment créer de nouvelles sources de revenus grâce à l’embedded finance
Pendant longtemps, les services financiers étaient presque exclusivement proposés par les banques et les établissements spécialisés.
Ce modèle évolue rapidement.
Aujourd’hui, une marketplace, une plateforme SaaS, un acteur du e-commerce, une application de mobilité ou une entreprise B2B peut proposer à ses utilisateurs des paiements, des cartes, des comptes, du financement ou d’autres fonctionnalités financières directement depuis son propre environnement.
C’est le principe de l’embedded finance, ou finance intégrée.
L’objectif ne consiste pas simplement à ajouter une fonctionnalité bancaire à une application. L’enjeu économique est beaucoup plus large : transformer certains moments du parcours utilisateur en nouvelles sources de revenus.
Lorsqu’elle est correctement intégrée, l’embedded finance peut améliorer simultanément l’expérience client, la fidélisation et la rentabilité d’un service digital.
1. Comprendre comment l’embedded finance transforme un service en source de revenus
1.1 Intégrer les services financiers directement dans le parcours client
L’embedded finance consiste à intégrer un service financier dans une expérience qui, à l’origine, n’est pas nécessairement financière.
Prenons l’exemple d’une marketplace.
Traditionnellement, son rôle consiste à mettre en relation vendeurs et acheteurs puis à percevoir une commission sur les transactions.
Avec la finance intégrée, elle peut aller plus loin.
Elle peut par exemple permettre aux vendeurs de :
recevoir leurs paiements sur un compte dédié ;
utiliser une carte professionnelle ;
transférer leurs revenus ;
accéder à un financement ;
gérer certaines dépenses depuis le même tableau de bord.
L’utilisateur n’a alors plus besoin de quitter la plateforme pour gérer plusieurs opérations financières essentielles.
Cette simplification possède une valeur économique importante.
Plus les services utilisés sont nombreux, plus la plateforme devient centrale dans l’activité quotidienne de son client.
Et plus une plateforme devient centrale, plus les opportunités de monétisation se multiplient.
L’embedded finance permet donc de déplacer la frontière entre « produit principal » et « service financier ».
Une entreprise qui vend initialement un logiciel peut progressivement devenir également un point d’accès à différents services financiers.
1.2 Passer d’un modèle transactionnel à un modèle de revenus récurrents
L’un des intérêts majeurs de l’embedded finance réside dans sa capacité à diversifier les revenus.
Une entreprise dépendant exclusivement d’abonnements ou de commissions peut être vulnérable à une baisse de son activité principale.
En intégrant des services financiers, elle peut créer plusieurs flux de revenus complémentaires.
Ces revenus peuvent notamment provenir :
des transactions réalisées ;
des paiements par carte ;
des abonnements à des services premium ;
des frais associés à certaines fonctionnalités ;
des commissions liées au financement ;
de services spécifiques destinés aux professionnels.
Le principe est particulièrement puissant lorsque les opérations financières sont fréquentes.
Prenons une plateforme utilisée quotidiennement par des commerçants.
Si elle propose uniquement un abonnement logiciel mensuel, ses revenus reposent essentiellement sur le nombre d’abonnés.
Si elle intègre également les paiements, chaque transaction effectuée par ses utilisateurs peut participer à son modèle économique.
L’entreprise bénéficie alors d’une forme de monétisation transactionnelle continue.
Elle ne facture plus uniquement l’accès à son outil. Elle accompagne également l’activité économique réalisée grâce à cet outil.
2. Les principales opportunités de monétisation offertes par l’embedded finance
2.1 Générer des revenus grâce aux paiements, cartes et financements
Les paiements constituent souvent la porte d’entrée la plus naturelle vers l’embedded finance.
Une plateforme peut intégrer directement l’encaissement ou le décaissement dans son interface.
Cela simplifie considérablement l’expérience utilisateur.
Un vendeur sur une marketplace peut recevoir automatiquement ses revenus.
Un chauffeur utilisant une application de mobilité peut percevoir ses gains directement.
Une plateforme destinée aux freelances peut permettre à ses utilisateurs de recevoir puis de gérer leurs paiements sans passer constamment par plusieurs intermédiaires.
Ces flux financiers peuvent créer différentes opportunités de revenus.
Les cartes représentent également une extension intéressante.
Une plateforme B2B peut, par exemple, proposer à ses entreprises clientes des cartes permettant aux collaborateurs de régler certaines dépenses professionnelles.
La plateforme peut alors enrichir son offre avec :
contrôle des plafonds ;
catégorisation des dépenses ;
restrictions par type d’achat ;
suivi en temps réel ;
gestion de plusieurs utilisateurs.
Le service financier devient alors un véritable outil de gestion.
Le financement constitue une autre possibilité.
Une plateforme disposant d’une bonne visibilité sur l’activité de ses utilisateurs peut leur proposer, avec l’aide d’un partenaire financier adapté, certaines solutions de financement directement dans leur environnement habituel.
Prenons un commerçant réalisant régulièrement des ventes via une plateforme.
Si celle-ci connaît son historique transactionnel, la saisonnalité de son activité et ses volumes de ventes, elle peut contribuer à rendre le parcours de financement beaucoup plus fluide.
La plateforme crée alors de la valeur pour le commerçant tout en développant une nouvelle ligne de revenus.
2.2 Développer de nouveaux services à valeur ajoutée autour des données financières
La finance intégrée ne se limite pas aux paiements et aux cartes.
Une fois les flux financiers intégrés au parcours utilisateur, de nouveaux services peuvent apparaître.
Une plateforme B2B peut par exemple proposer un tableau de bord permettant de visualiser :
les revenus ;
les dépenses ;
les transactions à venir ;
les paiements en attente ;
certaines tendances de trésorerie.
Cette information peut ensuite être enrichie avec des outils d’analyse ou d’automatisation.
Le service devient progressivement plus sophistiqué.
Une solution initialement utilisée pour effectuer des paiements peut évoluer vers un environnement permettant de mieux piloter une activité.
Certaines fonctionnalités avancées peuvent alors être proposées dans le cadre d’un abonnement premium.
Par exemple :
Offre standard :
paiements et consultation des transactions.
Offre professionnelle :
catégorisation avancée, exports, automatisation et suivi des dépenses.
Offre premium :
tableaux de bord financiers, contrôles personnalisés, gestion multi-utilisateurs ou intégration avec d’autres outils de gestion.
Cette logique permet de transformer des fonctionnalités financières en véritables produits numériques.
L’entreprise ne cherche plus uniquement à gagner de l’argent sur chaque transaction.
Elle augmente également la valeur moyenne générée par chaque utilisateur.
3. Construire une stratégie d’embedded finance rentable et durable
3.1 Choisir les services réellement adaptés aux besoins des utilisateurs
Ajouter des services financiers uniquement parce que la technologie le permet constitue rarement une bonne stratégie.
Une intégration pertinente doit résoudre un problème réel.
La première question à poser n’est donc pas :
« Quel produit financier pouvons-nous ajouter ? »
Mais plutôt :
« À quel moment notre utilisateur rencontre-t-il une friction financière ? »
Un vendeur attend plusieurs jours avant de recevoir son argent ?
Un service de décaissement plus rapide peut avoir de la valeur.
Une entreprise éprouve des difficultés à contrôler les dépenses de ses collaborateurs ?
Une carte avec règles personnalisables peut devenir pertinente.
Des professionnels utilisent plusieurs outils pour suivre leurs paiements ?
Un tableau de bord financier centralisé peut simplifier leur quotidien.
L’embedded finance fonctionne particulièrement bien lorsque le service financier apparaît comme une continuation naturelle du produit existant.
L’utilisateur ne doit pas avoir l’impression que la plateforme lui impose arbitrairement un produit supplémentaire.
La fonctionnalité doit sembler presque évidente.
La rentabilité vient généralement ensuite.
Un service utilisé fréquemment peut augmenter la rétention, améliorer la fréquence d’utilisation de la plateforme et créer de nouveaux revenus.
C’est ce cumul qui rend le modèle intéressant.
3.2 S’appuyer sur une infrastructure technologique et réglementaire solide
Créer une expérience financière ne signifie pas nécessairement devenir soi-même une banque.
Les entreprises peuvent s’appuyer sur des infrastructures de Banking-as-a-Service, parfois abrégées BaaS, permettant d’intégrer différents services financiers via des technologies et des API adaptées.
Cette approche permet à une entreprise de se concentrer davantage sur l’expérience utilisateur et son produit principal tout en collaborant avec des acteurs disposant des infrastructures ou autorisations requises.
La dimension réglementaire reste néanmoins fondamentale.
Les services financiers impliquent des exigences spécifiques concernant notamment :
l’identification des utilisateurs ;
les procédures KYC et KYB ;
la sécurité des transactions ;
la protection des données ;
la lutte contre la fraude ;
les contrôles liés aux opérations financières.
Une mauvaise architecture réglementaire peut transformer une opportunité commerciale en risque opérationnel majeur.
Il faut donc intégrer la conformité dès la conception du service.
Même logique concernant la technologie.
Une infrastructure d’embedded finance doit être capable de gérer des opérations sensibles avec un haut niveau de fiabilité.
Les API, la supervision des transactions, les mécanismes de sécurité et la traçabilité deviennent alors des composants centraux du produit.
L’embedded finance comme moteur de diversification
L’intérêt majeur de l’embedded finance ne réside pas uniquement dans l’ajout de nouvelles fonctionnalités.
Il réside dans la transformation progressive du modèle économique.
Une entreprise peut partir d’un service relativement simple puis intégrer successivement :
paiements, comptes, cartes, gestion des dépenses, financement ou outils financiers avancés.
Chaque nouvelle brique peut créer une source de revenus supplémentaire.
Mais la véritable puissance du modèle vient de leur combinaison.
Lorsqu’un utilisateur encaisse ses revenus, effectue ses paiements, gère ses dépenses et consulte ses informations financières depuis une seule plateforme, celle-ci devient beaucoup plus difficile à remplacer.
L’embedded finance contribue donc simultanément à trois objectifs : augmenter les revenus, renforcer la fidélisation et enrichir l’expérience utilisateur.
Pour les entreprises digitales, les marketplaces, les fintechs ou les plateformes B2B, la finance intégrée peut ainsi devenir bien davantage qu’une fonctionnalité complémentaire.
Elle peut constituer une véritable extension du modèle économique.
Avec une infrastructure adaptée comme celle proposée par Chari BaaS, les entreprises peuvent envisager l’intégration de services financiers directement dans leurs propres parcours digitaux et construire progressivement de nouvelles expériences autour du paiement et de la finance.